Samedi 17 octobre 2009
- Par Jan Abbie
La meilleure part des hommes est un livre que je n'aurais certainement pas lu si on ne me l'avait pas offert. Trsitan Garcia décrit comment les hommes, et particulièrement ceux qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes, se sont retrouvés dans des luttes pour survivre dans les premières années de l'épidémie du Sida. L'histoire se déroule dans le Paris associatif des militants gays. C'est impressionnant de voir comment les leaders de ce milieu se déchirent avec pour enjeu, être une star.

Le livre se lit très vite, car le style est fluide et agréable.
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Samedi 17 octobre 2009
- Par Jan Abbie
j'ai vu une tripoté de films cet été, certains m'ont touché, d'atures impresionné . Parmi les films qui m'ont marqué  j'ai noté: The Readers ; Inglorious baster ; le dernier film de Woody Allen (à mourir de rire) Whatever Works , et  Le GoLem (un film allemande de Paul wegener de 1920.) 

The readers. Un jeune homme Michael tombe amoureux une femme Hanna. Ils font l'amour à chaque fois qu'ils se voient et Hanna sollicite Michael pour qu'il lui lise des romans.

Michael décide de suivre des cours de droit avec l'excellent acteur Bruno Ganz (photo ci-dessus). L'objet du cours, est une lecture de l'identité allemande après la shoah.  Le professeur enmène les étudiants à un procès en vue de déterminer la responsabilité de SS dans les camps. Michael est choqué ; Hanna fait parti des accusés. Elle finit par endosser la responsabilité du groupe qui travaillait avec elle; elle a été condamnée à vie par le simple fait qu'elle s'est accusé d'avoir rédigé des rapports d'excétions alors qu'elle ne sait pas lire, ni écrire. Elle est condamnée à vie.

Michael est troublé car il découvre que sa  maîtresse envoyait des femmes aux chambres, et que d'autre part il est amoureux. Il comprend également que ce n'était pas elle qui écrivaient les rapports car elle ne sait ni lire, ni écrire.

Le film montre combien on peut aimer quelqu'un malgrés un passif très lourd. 

Le film est délicat, jamais il n'en rajoute. Voilà enfin un film qui parle de l'après-guerre, sans tragédier (néologisme je pense) le récit. Les survivants de la shoah commencent à disparaître, eux aussi nous lèguent leur lot de souffrance, lâchent ce qu'ils n'ont jamais osé dire depuis cinquante ans.

[j'écrirai d''autres notes à propos des autres films que j'ai vus cet été, d'ici quelques jours]
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Lundi 5 octobre 2009
- Par Jan Abbie
je me suis brisé l'épaule en faisant une chute. cela me demande bcp trop de temps d'écrire à une main. normalement j'aurai l(épaule ressoudée dans un mois... à bientôt...
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Samedi 19 septembre 2009
- Par Jan Abbie
d'ici une semaine
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Mercredi 5 août 2009
- Par Jan Abbie
Dans cette partie Michel Foucault s'interroge sur un livre de George Dumézil paru en 1994 chez Gallimard : Le Moyne noire en gris dedans Varennes ; Soties Nostradamiques ; diverstissements sur les dernières paroles de Socrates. Foucault à la suite de Dumézil s'arrête sur les derniers propos de Socrate avant de mourir : "Criton, nous devons un coq à Asklépios. Payez ma dette, n'oubliez pas." Offrir un coq à Askélépio est un geste d'action de grâce pour le remercier d'avoir guéri quelqu'un. 

De quoi Socrate aurait-il été guéri ? Eh bien Socrate aurait été par sa mort, guéri de cette maladie qui consiste à vivre. (Le Courage de la vérité, page 89). Lamartine : "Aux Dieux libérateurs, dit-il, qu'on sacrifie ! Ils m'ont guéri ! - De quoi ? dit Cébès. De la vie".

Cette vision de la vie est traditionnelle dans l'histoire de la philosophie. Nietzche : "Ô Criton, je dois un coq à Esculape". Cette risible et terrible "dernière parole" signifie qui sait entendre : "Ô Criton, la vie est une maladie." (The Greek Commenataries on Plato's Phaebo, vol 1). Cependant pour Nietzche cette parole est une forme de palinodie car elle est un paradoxe qui renie les vertus et les discours antérieurs de Socrate : Et [Nietzche] résout la contradiction en disant qu'en somme Socrate a craqué et qu'il a révélé ce secret, ce secret obscur et qu'il n'avait jamais dit, démentant ainsi au dernier moment tout ce qu'il avait dit et fait. (Le Courage de la vérité, page 91). Moi qui dans des articles précédents me suis intéressé à la palinodie en voici une exemplaire, constituée de la dernière phrase d'un homme.

Quelle est donc cette maladie dont souffrait Socrate ? Selon Socrate suivre l'opinion courante est une maladie pour le corps et pour l'âme. L'homme doit chercher à fonder son opinion sur le rapport de soi-même à la vérité.

  
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Mardi 28 juillet 2009
- Par Jan Abbie



Ce film est d'un ennui mortel... Je n'ai rien à en dire... aucune intrigue, aucun intérêt, tout juste les costumes. 
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Dimanche 26 juillet 2009
- Par Jan Abbie


Le film est parfois drôle. Il n'est pas à la hauteur de la polémique qu'il a déclenchée. Il n'y a rien de révolutionnaire. Brüno brosse une image plutôt pitoyable du monde de la mode, de la jet set, et du show bizz...  
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Lundi 13 juillet 2009
- Par Jan Abbie

Je porte en moi un désir ardent depuis mon premier voyage en Israël. Depuis que je me suis assis dans le désert de Judée, je rêve de pouvoir vivre une période plus ou moins longue dans un lieu où je serai, non pas forcément seul, confronté au silence et à la solitude d'un espace désertique. Je me vois très bien dans une grotte ou dans une tente, avec pour seule compagnie les livres et le dialogue entre mon âme et la divinité. Je me vois bien ermite, non pas toute une vie, mais pendant quelques jours ou quelques semaines. Je ne comprends pas ce qui me retient de passer à l'acte. L'idéal serait évidemment de vivre ce type d'expérience dans un désert, dans le Néguev ou autour de la mère morte. Je peux aussi me retirer dans une forêt ou à la campagne. Je n'ai pas dans l'idée de partir seul, la compagnie discrète d'un compagnon est précieuse pour bien des raisons. 

En attendant de franchir le cap je passe mon été à lire des auteurs qui parlent du silence. La Bible est le premier des supports qui alimente ma réflexion. L'écriture vétérotestamentaire (l'ancien testament) est un inlassable dialogue entre Dieu est les hommes. Il y est souvent question de la Voix que les hommes n'entend pas, et des cris de ceux qui appellent au secours ou chantent des louanges. Le silence est présent par bien des biais, j'affirme même qu'il est le langage le plus courant que la divinité utilise pour communiquer, à commencer par le silence de la création. J'ai entrepris une relecture de la Bible en scrutant les silences de Dieu et des hommes.

Par ailleurs je lis des auteurs qui "parlent" du silence. Aujourd'hui je m'arrête l'
Eloge du désert d'Eucher de Lyon. On sait très peu de chose de ce lyonnais, sénateur, homme de lettres cultivé. Il était marié à Galla et a eu deux fils, Saonius et Veranius. Lassé de sa vie de sénateur il se retire sur 'île de Lero où il embrasse sa vocation d'anachorète. Plus tard les lyonnais viendront le chercher pour qu'il devienne évêque de la cité.  

Eucher a édifié son ermitage sur une île. Selon Ambroise, c'est providence qui a pourvu la Méditerranée de nombreuses îles, comme des joyaux d'où s'élèvent les méditations des hommes retirés des mondanités. Le style d'Eucher demeure grandiloquent, et cela est probablement dû à la tournure d'esprit des gaulois. 

Extrait :

Oui, le désert est le temple incirconscrit de notre Dieu ; il habite le silence, nous le savons : croyons qu'il se réjouit du retrait.

Car si le Seigneur ouvrir les eaux, puis s'il les referma, c'était pour qu'on partît au désert sans espoir de retour.

Dieu, dans sa bonté, lui donnait chaque jour cette nourriture, lui ayant donné la loi ; songer au lendemain était inutile.

Les fils d'Israël n'ont-ils pas dû à leur séjour dans le désert de parvenir à la terre de leur désir ?

Qu'on soit l'hôte du désert, si l'on veut être citoyen de la vie. David n'évita t'attaque du roi ennemi qu'en gagnant le désert.

Le fils sort à peine de l'eau du fleuve mystique, qu'il n'a d'autre empressement que de se retirer dans la solitude. [...] C'est au désert encore, quand tous les bruits qui l'assaillent pour l'asservir se furent éloignés, que s'accomplit la mission silencieuse de la force divine.

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Jeudi 9 juillet 2009
- Par Jan Abbie

LE SILENCE

Je continue mon parcours dans l'oeuvre d'André Lorant, Le Perroquet de Budapest. Entre les pages 194 et 196 il y a de magnifiques phrases qui parlent du silence. A chaque fois que je lis un livre je souligne le mot "silence". Ici le "silence" est celui de Moïse après la mort des fils d'Aaron. Moïse a commis l'immense pécher de parler après la mort des fils d'Aaron. Cela lui vaudra de ne pas pouvoir entrer en terre promise, la terre des fils de Jacob. Le silence du deuil est le plus beau, le plus terrible, le plus difficile. Il est impératif d'être capable de le respecter, c'est la mort qui passe et qui pourrait si un mot est prononcé, emporter l'un ou l'autre indélicat. Ces lignes d'André Lorant me font dire qu'il n'y a probablement pas de bons ou de mauvais silences. J'ai une tendance fâcheuse à vouloir étiqueter le silence, ou plutôt je devrais dire éthiqueter.

La motrice d'un tramway était restée accrochée sur les rails qui s'inclinaient vers le Danube. "Arrêt sur image" dans l'évocation du passé ; je n'ai pas contemplé longtemps la catastrophe - la radio et la presse parlèrent d'explosion accidentelle due à la rupture d'une conduite de gaz -, et je ne me rappelle qu'un étrange silence : aucun son, aucun bruit ou clameur ne parvenait du pont, distant de quelque deux kilomètres à vol d'oiseau de la colline de Buda. Aucun bateau ne se dirigeait vers le lieu du sinistre ; aucune ambulance ne se pointait dans le lointain. La population était l'otage du commandement allemand, et les Croix-Fléchées ne songeaient qu'à se venger des juifs, les alliés potentiels de l'armée russe qui avançait, en subissant d'énormes pertes, vers les portes de la capitale. (Le Perroquet de Budapest, André Lorant, ed. Viviane Hamy, page 194).

Dans le silence de la nuit, on l'entendait tousser ; elle aboyait comme un chien blessé et ne s'arrêtait plus ; elle ne parvenait pas expectorait son chagrin. En quelques mois, la rue Fejér György retrouva son calme... (idem. , page 195).

Le narrateur regarde une colonne de juifs qui traverser la Hongrie pour se diriger vers les camps de la mort allemands :  Nous aurions pu nous trouver nous-mêmes dans cette colonie pénitentiaire se traînant vers l'Ouest. Notre accompagnateur marchait d'un pas régulier, pas un trait de son visage n'a bougé. Nous sommes restés silencieux. C'était un spectacle terrifiant, et qui faisait partie, sinon de la normalité, du moins de ce que l'on pourrait appeler la "logique du temps". En faisant semblant de ne rien voir, nous sommes devenus complices et bourreaux. La volonté de survivre est monstrueusement égoïste et ne peut être évaluée à l'aune de la morale. (idem., page 196).

CANNIBALISME

Un autre passage m'a profondément marqué. Il y est question de la mort et de cannibalisme. Sommes-nous en pleine introspection freudienne ?

Je souhaite la mort des êtres qui me sont les plus proches, j'en demeure obsédé et culpabilisé. J'ai peur de les perdre et je veux les anéantir pour les enterrer dans mon for intérieur, qu'ils demeurent à moi pour jamais. Je les aime d'un sentiment vorace, destructeur, de tueur par amour. Le "je-te-mangerais" que j'ai dit à des êtres aimés, dans mes jeunes années, les vers, "tout cru, j'aurais dû te dévorer", du poète Attila Jozsef [photo ci-contre] qu'il écrivit après la mort de sa mère, hantent mon âme qui, au lieu de s'apaiser, demeure bouleversée. (idem., page 199) 

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Mercredi 8 juillet 2009
- Par Jan Abbie

Ce Pape ne semble pas très accueillant. Je concède. En regardant la télévision annoncer son élection ma première réaction a été : "ils n'ont quand même pas osé faire ça". J'étais certain que le règne de Joseph Ratzinger s'achevait avec le pontificat de son porte parole, Jean-Paul II. Et bain non ! Monsieur joue les prolongations. Aujourd'hui les catholiques latins ont pour Pape un intellectuel, et pour être honnête un des plus brillants de sa génération. Sur le fond je suis en effet moins critique. J'ai passé la journée avec son encyclique Caritas in veritate. La moitié de l'encyclique aurait pu constituer en note de bas de page. Le coeur est beau. Benoît XVI pense déjà demain, invite les hommes à se changer, à suivre leur vocation, et à faire évoluer avec eux les modèles, les systèmes économiques. 

Je trouve qu'à l'heure actuelle nous ne réfléchissons pas suffisamment aux nouveaux systèmes politiques qui pourraient mieux respecter la liberté et le besoin de vie des êtres humains. Un milliard d'hommes ne mangent pas à leur faim et nous continuons à puiser les richesses des pays pauvres et à augmenter leur dette tout en n'acceptant pas les hommes et les femmes qui demandent l'asile à la frontière. Nous nous contentons sèchement de calculer les intérêts qui permettront le maximum de gain et le minimum de temps entre aujourd'hui et la sortie de crise. Ici ou là, dans
Le Monde, on lit des éditoriaux plus ou moins optimistes. Les statistiques prévoient une fin de crise pour 2010. Or il est aujourd'hui établi que les outils statistiques ne sont pas compétents pour prévoir quoi que ce soit. 

J'ai tendance à davantage faire confiance en la réflexion d'un penseur, aussi catholique soit-il, d'un philosophe, d'un citoyen, qu'en des calculatrices et des chiffres difficilement maîtrisables et qui n'ont pas de mémoire. Caritas in veritate n'est pas un livre pour la plage mais sans aucun doute (j'allais dire un pavé dans la marre, mais elle est trop facile) une pierre à l'édifice de la réflexion mondiale. J'espère que Nicolas Sarkozy, Barack Obama et les six autres l'auront lue avant de comparer les chiffres. Le livre est disponible dans La Croix du mercredi 8 juillet 2009.

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Mardi 7 juillet 2009
- Par Jan Abbie
Après nous avoir entretenu sur la parrêsia dans le champs politique (la démocratie et la tyrannie), le philosophe nous entraîne dans le champs éthique.  

Socrate se plaint que l'habilité à parler de ses compatriotes le conduit à s'oublier. C'est une erreur, la parrêsia qui n'est pas une habilité à parler mais une simplicité, une parole sans apprêt ou sans ornement, la parole directement vraie, cette parole conduit à mieux se connaître soi-même. 

Socrate nous raconte avoir dispensé, comme un grand frère, des conseils aux uns et aux autres. Cependant il ne s'imaginait pas monter à la tribune pour dispenser ses conseils publiquement. Pourquoi ? La raison invoquée par Socrate est une voix démonique qui lui interdit de s'avancer publiquement. Concrètement le jeu démocratique n'est pas apte selon lui pour accueillir le discours vrai. De plus il y a cette fameuse phrase : "Si je m'étais adonné il y a longtemps, à la politique, je serais mort depuis longtemps." (Platon, Apologie de Socrate, 31b, page 159, cité par MF, page 71). Socrate argumente en citant un exemple. Il a été prytane (membre d'un conseil exécutif à Athènes) et à cette occasion il a été le seul dans l'assemblée à ne pas voter pour l'exécution de généraux qui avaient commis la faute de ne pas enterrer les morts après une bataille. Pour cela, le peuple d'Athènes avait réclamé sa tête. Une autre fois, dans un régime oligarchique tyrannique il refuse d'aller en délégation arrêter un homme condamné à mort. Ces deux exemples nous montrent que Socrate n'a pas peur de la mort, mais il a préféré l'éviter afin d'effectuer une autre tâche positive en-dehors du jeu politique public.

Car il existe un autre dire-vrai que le dire politique, il y a le dire-vrai philosophique. Quand on lui rapporte un oracle, Socrate ne fait pas comme tout le monde, il n'interprète pas et n'attend pas que l'oracle se réalise. Il entreprend des recherches et tente de vérifier si l'oracle tient un discours de vérité. Voilà une attitude philosophique tout à fait socratique. Pour vérifier l'oracle Socrate va mener une enquête auprès de différentes catégories de citoyens. Il mène un examen de l'oracle. Soumettre à l'examen se dit en grec exetasis. Quand l'oracle dit que Socrate est l'homme le plus intelligent d'Athènes, il part à la rencontre des artisans, des politiciens et les interrogent sur leur métier. Il mène l'enquête. Il se rend compte que les artisans ont un savoir, mais ne sont pas conscient de leur ignorance par rapport à leur propre métier, Socrate lui connaît son ignorance, ce qui lui donne un avantage. Cette expérience lui vaudra beaucoup d'ennemis. "[...] c'est ainsi que l'âme de Socrate devient la pierre de touche (basanos) de l'âme des autres." (Le Courage de la vérité, page 77). 

La parrêsia n'est pas ici politique. Le parrésiaste n'est pas non plus un sage, car le sage parle seulement quand il y a un danger ou pour le constater, le reste du temps il reste silencieux. Socrate est l'exemple du parrésiaste philosophe qui a une mission, qui agit sans cesse, son activité est un métier, il est un soldat qui n'agit pas dans l'urgence mais qui entreprend sans cesse un travail de véridiction. 
 
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Lundi 6 juillet 2009
- Par Jan Abbie

Les pages 60 à 65 sont très stimulantes. Elles déploient la notion d'êthos comme élément indispensable qui permet au discours vrai (la parrésia) d'articuler ses effets dans le champs politique. C'est l'absence de la place pour l'êthos dans la démocratie qui fait que la vérité n'y a pas place et ne peut pas y être entendue. (Le courage de la vérité, page 60).

Le corollaire essentiel du discours vrai est qu'il nécessite la prise en compte de l'âme de l'individu. [...] l'objectif de la pratique parrésiastique, désormais orientée vers l'âme, ce n'est plus tellement l'avis utile [...], mais la formation d'une certaine manière d'être [...]. L'objectif du dire-vrai est donc moins le salut de la cité que l'êthos de l'individu. (Idem., page 61).

Politique, éthique et vérité sont liés à travers quatre attitudes :
- l'attitude prophétique ;
- l'attitude de sagesse ;
- l'attitude d'enseignement ;
- l'attitude parrésiastique, celle qui tente justement, obstinément et en recommençant toujours, de ramener, à propos de la question de la vérité, celle de ses conditions politiques et celle de la différenciation éthique qui en ouvre l'accès. (idem. page 65)

 
 

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Lundi 6 juillet 2009
- Par Jan Abbie
Parmi les poètes qui me parlent même quand je ne les sollicite pas, parce qu'ils sont là dans mon corps, intégrés à ma marche, à ma pensée, il y a Michaux, Claudel, Celan, et Cendrars. 

Je vous propose ce matin un poème-prière écrit en août 1913, premier poème de Dix-neuf poèmes élastiques. Il a pour titre "Journal". Le poète semble y lire le journal, certaines images, comme celle de la croix, transpercent l'écriture, forment un cri sonore, une révolte :

                         JOURNAL

Christ
Voici plus d'un an que je n'ai plus pensé à Vous
Depuis que j'ai écrit mon avant-dernier poème Pâques
Ma vie a bien changé depuis
Mais je suis toujours le même
J'ai même voulu devenir peintre
Voici les tableaux que j'ai faits et qui ce soir pendent aux murs
Ils m'ouvrent d'étranges vues sur moi-même qui me font penser à Vous.

Christ
La vie
Voilà ce que j'ai fouillé

Mes peintures me font mal
Je suis trop passionné
Tout est orangé.

J'ai passé une triste journée à penser à mes amis
Et à lire le journal
Christ
Vie crucifiée dans le journal grand ouvert que je tiens les bras tendus
Envergures
Fusées
Ebullition
Cris.
On dirait un aéroplane qui tombe.
C'est moi.

Passion
Feu
Roman-feuilleton
journal
On a beau ne pas vouloir parler de soi-même
Il faut parfois crier

Je suis l'autre
Trop sensible.
 
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Samedi 4 juillet 2009
- Par Jan Abbie
Nous revenons à l'interrogation qui m'intéresse le plus de savoir qui dans notre société est parrésiaste. Michel Foucault interroge le conseiller du prince. Le conseiller pourrait être un parrésiaste. La proposition est invalidée par la tradition grecque qui a expérimenté ce mode de gouvernance. Très vite le conseiller se transforme en flatteur et le prince en tyran. Irrémédiablement le conseiller se métamorphose en espion car c'est seulement ainsi qu'il peut savoir ce qu'il se passe dans la ville. Les citoyens se méfient du conseiller, par conséquent ils mentent. Le conseiller envoie des espions pour connaître la vérité. Ceci est regrettable car dans le rapport entre Prince et celui qui dit la vérité, entre le Prince et ses conseillers, on reconnaît une place pour la pratique parrésiastique. Et le rapport entre le Prince et son conseiller constitue un lieu finalement plus favorable à la parrêsia que celui entre le peuple et les orateurs. (Le courage de la vérité, page 56). Ci-contre "le conseiller" de Fragonnard.

Pour autant, il existe des exemples de rapports réussis entre le Prince et le conseiller : Pisistrate. Aristote raconte une anecdote dans La Constitution d'Athènes. Pisistrate se promenait dans la campagne, il rencontre un paysan qui lui dit ce qu'il pense de la politique de Pisistrate, car il n'a pas reconnu le prince. Pisistrate en tiendra compte. Cyrus, le Perse, était connu pour agréer les personnes de son entourage qui osaient parler librement et donner de bons conseils, sa cour a grandement prospéré.

Comment se fait-il que la tyrannie est plus capable que la démocratie d'incorporer le parrésiaste ? Le dire-vrai peut avoir sa place dans le rapport au chef, au Prince [...] parce qu'ils ont une âme et que cette âme peut être persuadée et éduquée et qu'on peut, par le discours vrai, lui inculquer l'
êthos qui le rendra capable d'entendre la vérité et de se conduire conformément à cette vérité. (idem. page 57). La meilleure méthode pour insuffler de l'éthique chez un prince est de l'éduquer des sa jeunesse, comme il l'a fait avec Denys le Jeune en Sicile : il n'y avait qu'à persuader un seul homme. (Lettre VII, Platon).
 
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Samedi 4 juillet 2009
- Par Jan Abbie

Aristote ne parle pas de partage entre les bons et les mauvais mais entre les riches et les pauvres. Selon Aristote c'est le pouvoir des plus pauvres qui caractérise la démocratie. De plus Aristote met en cause l'isomorphisme éthico-quantitatif, concept selon lequel les meilleurs seraient moins nombreux et les moins bons plus nombreux. Il argumente en disant qu'on peut être vertueux politiquement et avoir une vie dissolue, et vice-versa. Enfin une personne qui gouverne dans son propre intérêt peut très bien gouverner dans le même temps pour l'intérêt commun ; les deux peuvent se rejoindre.

Platon avait conclu qu'il ne pouvait y avoir de discours-vrai et la démocratie, et il érigeait le discours-vrai comme indispensable. Le propos d'Aristote sur ce point n'est pas clair. Il décrit la royauté et l'aristocratie comme était des modes gouvernances ou une seule personne ou un groupe gouvernent pour l'intérêt commun. Ensuite il parle de politeia pour un mode ou un grand nombre gouverne pour le reste de la cité, tout en étant septique sur ce mode de gouvernance : [...] quand on s'adresse à une masse de gens, quand bien même ces gens gouvernent la cité, il n'est pas possible, ou il est très difficile de trouver en eux cette différenciation éthique, ce partage éthique, cette singularité éthique à partir de laquelle le dire-vrai sera possible et, dans ce dire-vrai, l'intérêt de la cité reconnu. (Le Courage de la vérité, "Leçon du 8 février 1984, page 49). Les conclusions d'Aristote sont proches de celles de Platon : la démocratie n'existe pas dans la réalité. 

Le principe de base de la démocratie aristotélicienne ce n'est pas seulement le pouvoir du plus grand nombre, mais l'alternance. La question qui se pose, et qui était celle de Michel Foucault au début de ce parcours, est de savoir qui peut remplir cette fonction de gouvernant, qui peut être parrésiaste , Etant donné ce principe de la rotation et de l'alternance gouvernés/gouvernants, comment la différenciation éthique peut-elle prendre place ? (idem. page 50)

Un autre problème se pose. Athènes avait pour règle l'ostracisme qui consistait à exiler les êtres exceptionnels. Leur trop grande qualité, déclassait les autres hommes. Imaginez un tableau où seul un détail est parfait ? Le peintre choisit alors de gommer ce détail pour l'équilibre du tableau. Pour Aristote la règle de l'ostracisme pose problème car elle prive la cité d'hommes supérieurs. Là encore Aristote propose l'alternance qui permettrait aux hommes d'utiliser les plus forts comme modèle pour un temps et de s'inspirer de leur vertu.

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