La meilleure part des hommes est un
livre que je n'aurais certainement pas lu si on ne me l'avait pas offert. Trsitan Garcia décrit comment les hommes, et particulièrement ceux qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes, se
sont retrouvés dans des luttes pour survivre dans les premières années de l'épidémie du Sida. L'histoire se déroule dans le Paris associatif des militants gays. C'est impressionnant de voir comment
les leaders de ce milieu se déchirent avec pour enjeu, être une star.
j'ai vu une tripoté de films cet été, certains m'ont touché, d'atures impresionné . Parmi les
films qui m'ont marqué j'ai noté: The Readers ; Inglorious baster ; le dernier film de Woody Allen
(à mourir de rire) Whatever Works , et Le GoLem (un film allemande de Paul wegener de 1920.)
Michael décide de suivre des cours de droit
avec l'excellent acteur Bruno Ganz (photo ci-dessus). L'objet du cours, est une lecture de l'identité allemande après la shoah. Le professeur enmène les étudiants à un procès en vue de
déterminer la responsabilité de SS dans les camps. Michael est choqué ; Hanna fait parti des accusés. Elle finit par endosser la responsabilité du groupe qui travaillait avec elle; elle a été
condamnée à vie par le simple fait qu'elle s'est accusé d'avoir rédigé des rapports d'excétions alors qu'elle ne sait pas lire, ni écrire. Elle est condamnée à vie.
Dans cette
partie Michel Foucault s'interroge sur un livre de George Dumézil paru en 1994 chez Gallimard : Le Moyne noire en gris dedans Varennes ; Soties Nostradamiques ; diverstissements sur les
dernières paroles de Socrates. Foucault à la suite de Dumézil s'arrête sur les derniers propos de Socrate avant de mourir : "Criton, nous devons un coq à Asklépios. Payez ma dette, n'oubliez
pas." Offrir un coq à Askélépio est un geste d'action de grâce pour le remercier d'avoir guéri quelqu'un.
Je porte en moi un désir ardent depuis mon premier voyage en Israël. Depuis que je me suis assis dans le désert de
Judée, je rêve de pouvoir vivre une période plus ou moins longue dans un lieu où je serai, non pas forcément seul, confronté au silence et à la solitude d'un espace désertique. Je me vois très
bien dans une grotte ou dans une tente, avec pour seule compagnie les livres et le dialogue entre mon âme et la divinité. Je me vois bien ermite, non pas toute une vie, mais pendant quelques
jours ou quelques semaines. Je ne comprends pas ce qui me retient de passer à l'acte. L'idéal serait évidemment de vivre ce type d'expérience dans un désert, dans le Néguev ou autour de la mère
morte. Je peux aussi me retirer dans une forêt ou à la campagne. Je n'ai pas dans l'idée de partir seul, la compagnie discrète d'un compagnon est précieuse pour bien des raisons.
En attendant de franchir le cap je passe mon été à lire des auteurs qui parlent du silence. La Bible est le premier des supports qui alimente ma réflexion. L'écriture vétérotestamentaire
(l'ancien testament) est un inlassable dialogue entre Dieu est les hommes. Il y est souvent question de la Voix que les hommes n'entend pas, et des cris de ceux qui appellent au secours ou
chantent des louanges. Le silence est présent par bien des biais, j'affirme même qu'il est le langage le plus courant que la divinité utilise pour communiquer, à commencer par le silence de la
création. J'ai entrepris une relecture de la Bible en scrutant les silences de Dieu et des hommes.
Par ailleurs je lis des auteurs qui "parlent" du silence. Aujourd'hui je m'arrête l' Eloge du désert d'Eucher de Lyon. On sait très peu de chose de ce lyonnais, sénateur, homme de lettres cultivé. Il était marié à Galla et a eu deux
fils, Saonius et Veranius. Lassé de sa vie de sénateur il se retire sur 'île de Lero où il embrasse sa vocation d'anachorète. Plus tard les lyonnais viendront le chercher pour qu'il devienne
évêque de la cité.
Eucher a édifié son ermitage sur une île. Selon Ambroise, c'est providence qui a pourvu la Méditerranée de nombreuses îles, comme des joyaux d'où s'élèvent les méditations des hommes retirés des
mondanités. Le style d'Eucher demeure grandiloquent, et cela est probablement dû à la tournure d'esprit des gaulois.
Extrait :
Oui, le désert est le temple incirconscrit de notre Dieu ; il habite le silence, nous le savons : croyons qu'il se réjouit du retrait.
Car si le Seigneur ouvrir les eaux, puis s'il les referma, c'était pour qu'on partît au désert sans espoir de retour.
Dieu, dans sa bonté, lui donnait chaque jour cette nourriture, lui ayant donné la loi ; songer au lendemain était inutile.
Les fils d'Israël n'ont-ils pas dû à leur séjour dans le désert de parvenir à la terre de leur désir ?
Qu'on soit l'hôte du désert, si l'on veut être citoyen de la vie. David n'évita t'attaque du roi ennemi qu'en gagnant le désert.
Le fils sort à peine de l'eau du fleuve mystique, qu'il n'a d'autre empressement que de se retirer dans la solitude. [...] C'est au désert encore, quand tous les bruits qui l'assaillent pour
l'asservir se furent éloignés, que s'accomplit la mission silencieuse de la force divine.
LE SILENCE
Je continue mon parcours dans l'oeuvre d'André Lorant, Le Perroquet de Budapest. Entre les pages 194 et 196 il y a de magnifiques phrases qui parlent
du silence. A chaque fois que je lis un livre je souligne le mot "silence". Ici le "silence" est celui de Moïse après la mort des fils d'Aaron. Moïse a commis l'immense pécher de parler après la
mort des fils d'Aaron. Cela lui vaudra de ne pas pouvoir entrer en terre promise, la terre des fils de Jacob. Le silence du deuil est le plus beau, le plus terrible, le plus difficile. Il est
impératif d'être capable de le respecter, c'est la mort qui passe et qui pourrait si un mot est prononcé, emporter l'un ou l'autre indélicat. Ces lignes d'André Lorant me font dire qu'il n'y a
probablement pas de bons ou de mauvais silences. J'ai une tendance fâcheuse à vouloir étiqueter le silence, ou plutôt je devrais dire éthiqueter.
La motrice d'un tramway était restée accrochée sur les rails qui s'inclinaient vers le Danube. "Arrêt sur image" dans l'évocation du passé ; je n'ai pas contemplé longtemps la catastrophe -
la radio et la presse parlèrent d'explosion accidentelle due à la rupture d'une conduite de gaz -, et je ne me rappelle qu'un étrange silence : aucun son, aucun bruit ou clameur ne parvenait du
pont, distant de quelque deux kilomètres à vol d'oiseau de la colline de Buda. Aucun bateau ne se dirigeait vers le lieu du sinistre ; aucune ambulance ne se pointait dans le lointain. La
population était l'otage du commandement allemand, et les Croix-Fléchées ne songeaient qu'à se venger des juifs, les alliés potentiels de l'armée russe qui avançait, en subissant d'énormes
pertes, vers les portes de la capitale. (Le Perroquet de Budapest, André Lorant, ed. Viviane Hamy, page 194).
Dans le silence de la nuit, on l'entendait tousser ; elle aboyait comme un chien blessé et ne s'arrêtait plus ; elle ne parvenait pas expectorait son chagrin. En quelques mois, la rue Fejér
György retrouva son calme... (idem. , page 195).
Le narrateur regarde une colonne de juifs qui traverser la Hongrie pour se diriger vers les camps de la mort allemands : Nous aurions pu nous trouver nous-mêmes dans cette colonie
pénitentiaire se traînant vers l'Ouest. Notre accompagnateur marchait d'un pas régulier, pas un trait de son visage n'a bougé. Nous sommes restés silencieux. C'était un spectacle terrifiant, et
qui faisait partie, sinon de la normalité, du moins de ce que l'on pourrait appeler la "logique du temps". En faisant semblant de ne rien voir, nous sommes devenus complices et bourreaux. La
volonté de survivre est monstrueusement égoïste et ne peut être évaluée à l'aune de la morale. (idem., page 196).
CANNIBALISME
Un autre passage m'a profondément marqué. Il y est question de la mort et de cannibalisme. Sommes-nous en pleine introspection freudienne ?
Je souhaite la mort des êtres qui me sont les plus proches, j'en demeure obsédé et culpabilisé. J'ai peur de les perdre et je veux les anéantir pour les enterrer dans mon for intérieur,
qu'ils demeurent à moi pour jamais. Je les aime d'un sentiment vorace, destructeur, de tueur par amour. Le "je-te-mangerais" que j'ai dit à des êtres aimés, dans mes jeunes années, les vers,
"tout cru, j'aurais dû te dévorer", du poète Attila Jozsef [photo ci-contre] qu'il écrivit après la mort de sa mère, hantent mon âme qui, au lieu de s'apaiser, demeure bouleversée.
(idem., page 199)
Ce Pape ne semble pas très accueillant. Je concède. En
regardant la télévision annoncer son élection ma première réaction a été : "ils n'ont quand même pas osé faire ça". J'étais certain que le règne de Joseph Ratzinger s'achevait avec le pontificat
de son porte parole, Jean-Paul II. Et bain non ! Monsieur joue les prolongations. Aujourd'hui les catholiques latins ont pour Pape un intellectuel, et pour être honnête un des plus brillants de
sa génération. Sur le fond je suis en effet moins critique. J'ai passé la journée avec son encyclique Caritas in veritate. La moitié de l'encyclique aurait pu constituer en note de bas de page. Le coeur est beau. Benoît XVI pense déjà demain, invite les hommes à se changer, à suivre leur
vocation, et à faire évoluer avec eux les modèles, les systèmes économiques.
Je trouve qu'à l'heure actuelle nous ne réfléchissons pas suffisamment aux nouveaux systèmes politiques qui pourraient mieux respecter la liberté et le besoin de vie des êtres humains. Un
milliard d'hommes ne mangent pas à leur faim et nous continuons à puiser les richesses des pays pauvres et à augmenter leur dette tout en n'acceptant pas les hommes et les femmes qui demandent
l'asile à la frontière. Nous nous contentons sèchement de calculer les intérêts qui permettront le maximum de gain et le minimum de temps entre aujourd'hui et la sortie de crise. Ici ou là,
dans Le Monde, on lit des éditoriaux plus ou moins optimistes. Les statistiques prévoient une fin de crise
pour 2010. Or il est aujourd'hui établi que les outils statistiques ne sont pas compétents pour prévoir quoi que ce soit.
J'ai tendance à davantage faire confiance en la réflexion d'un penseur, aussi catholique soit-il, d'un philosophe, d'un citoyen, qu'en des calculatrices et des chiffres difficilement maîtrisables
et qui n'ont pas de mémoire. Caritas in veritate n'est pas un livre pour la plage mais sans aucun doute (j'allais dire un pavé dans la marre, mais elle est trop facile) une pierre à
l'édifice de la réflexion mondiale. J'espère que Nicolas Sarkozy, Barack Obama et les six autres l'auront lue avant de comparer les chiffres. Le livre est disponible dans La Croix du
mercredi 8 juillet 2009.
Après nous
avoir entretenu sur la parrêsia dans le champs politique (la démocratie et la tyrannie), le philosophe nous entraîne dans le champs éthique.
Car il existe un autre dire-vrai que le dire politique, il y a le dire-vrai
philosophique. Quand on lui rapporte un oracle, Socrate ne fait pas comme tout le monde, il n'interprète pas et n'attend pas que l'oracle se réalise. Il entreprend des recherches et tente de
vérifier si l'oracle tient un discours de vérité. Voilà une attitude philosophique tout à fait socratique. Pour vérifier l'oracle Socrate va mener une enquête auprès de différentes catégories de
citoyens. Il mène un examen de l'oracle. Soumettre à l'examen se dit en grec exetasis. Quand l'oracle dit que Socrate est l'homme le plus intelligent d'Athènes, il part à la rencontre des
artisans, des politiciens et les interrogent sur leur métier. Il mène l'enquête. Il se rend compte que les artisans ont un savoir, mais ne sont pas conscient de leur ignorance par rapport à leur
propre métier, Socrate lui connaît son ignorance, ce qui lui donne un avantage. Cette expérience lui vaudra beaucoup d'ennemis. "[...] c'est ainsi que l'âme de Socrate devient la pierre de
touche (basanos) de l'âme des autres." (Le Courage de la vérité, page 77).
Les pages 60 à 65 sont très stimulantes. Elles déploient la notion d'êthos comme élément indispensable qui permet au
discours vrai (la parrésia) d'articuler ses effets dans le champs politique. C'est l'absence de la place pour l'êthos dans la démocratie qui fait que la vérité n'y a pas
place et ne peut pas y être entendue. (Le courage de la vérité, page 60).
Le corollaire essentiel du discours vrai est qu'il nécessite la prise en compte de
l'âme de l'individu. [...] l'objectif de la pratique parrésiastique, désormais orientée vers l'âme, ce n'est plus tellement l'avis utile [...], mais la formation d'une certaine
manière d'être [...]. L'objectif du dire-vrai est donc moins le salut de la cité que l'êthos de l'individu. (Idem., page 61).
Politique, éthique et vérité sont liés à travers quatre attitudes :
- l'attitude prophétique ;
-
l'attitude de sagesse ;
- l'attitude d'enseignement ;
- l'attitude
parrésiastique, celle qui tente justement, obstinément et en recommençant toujours, de ramener, à propos de la question de la vérité, celle de ses conditions politiques et celle de la
différenciation éthique qui en ouvre l'accès. (idem. page 65)
Nous
revenons à l'interrogation qui m'intéresse le plus de savoir qui dans notre société est parrésiaste. Michel Foucault interroge le conseiller du prince. Le conseiller pourrait être un parrésiaste.
La proposition est invalidée par la tradition grecque qui a expérimenté ce mode de gouvernance. Très vite le conseiller se transforme en flatteur et le prince en tyran. Irrémédiablement le
conseiller se métamorphose en espion car c'est seulement ainsi qu'il peut savoir ce qu'il se passe dans la ville. Les citoyens se méfient du conseiller, par conséquent ils mentent. Le conseiller
envoie des espions pour connaître la vérité. Ceci est regrettable car dans le rapport entre Prince et celui qui dit la vérité, entre le Prince et ses conseillers, on reconnaît une place pour la
pratique parrésiastique. Et le rapport entre le Prince et son conseiller constitue un lieu finalement plus favorable à la parrêsia que celui entre le peuple et les orateurs. (Le courage de
la vérité, page 56). Ci-contre "le conseiller" de Fragonnard.
Pour autant, il existe des exemples de
rapports réussis entre le Prince et le conseiller : Pisistrate. Aristote raconte une anecdote dans La Constitution d'Athènes. Pisistrate se promenait dans
la campagne, il rencontre un paysan qui lui dit ce qu'il pense de la politique de Pisistrate, car il n'a pas reconnu le prince. Pisistrate en tiendra compte. Cyrus, le Perse, était connu pour
agréer les personnes de son entourage qui osaient parler librement et donner de bons conseils, sa cour a grandement prospéré.| Décembre 2009 | ||||||||||
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2009
JUIN
1. Jaffa +++
2. Departure +++
3. Niki et Flo +++
MARS
1. Brendan et le secret de Kells +++
3. La Vague
++
FEVRIER
1. Morse +++
3. Che, 2 +++
JANVIER
1. Home
++++
3. Che, 1
+++
3. Il Divo +++
9. Parc
2008
DECEMBRE
1. Hunger
++++
3. Tow lovers +++
NOVEMBRE
1. Vicky Christina
Barcelona ++++
4. Vilaine ++
4.
Quantum of Solace ++
OCTOBRE
1. Séraphine +++
2. Tonerre sous les
tropiques +++
2. La loi et l'ordre
+++
SEPTEMBRE
1. Inju ++++
2. Ma Mamia +++
AOUT
2. Wall.E
+++
3. Gomorra ++
JUILLET
JUIN
1. Valse avec Bachir ++++
2. JCVD +++
3. Speed Racer +++
MAI
1. Un Conte de Noël ++++
2. Indiana Jones +++
3 . Rec +++
AVRIL
1. Désengagement ++++
2. Passe Passe ++
3. Mongol +
MARS
1. L'heure d'été ++++
2. There will be blood ++++
3. J'ai toujours rêvé d'être un gangster ++
FEVRIER
1. Cloverfield ++++
2. Les Liens du sang +++
3. Rambo +++
JANVIER
1. Death sentence ++++
2. No country for old men ++++
3. Sweeny Todd +++
DECEMBRE
1. La nuit nous appartient +++
2. I'm not there +++
3. Elisabeth II ++



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