Samedi 4 juillet 2009
- Par Jan Abbie

Aristote ne parle pas de partage entre les bons et les mauvais mais entre les riches et les pauvres. Selon Aristote c'est le pouvoir des plus pauvres qui caractérise la démocratie. De plus Aristote met en cause l'isomorphisme éthico-quantitatif, concept selon lequel les meilleurs seraient moins nombreux et les moins bons plus nombreux. Il argumente en disant qu'on peut être vertueux politiquement et avoir une vie dissolue, et vice-versa. Enfin une personne qui gouverne dans son propre intérêt peut très bien gouverner dans le même temps pour l'intérêt commun ; les deux peuvent se rejoindre.

Platon avait conclu qu'il ne pouvait y avoir de discours-vrai et la démocratie, et il érigeait le discours-vrai comme indispensable. Le propos d'Aristote sur ce point n'est pas clair. Il décrit la royauté et l'aristocratie comme était des modes gouvernances ou une seule personne ou un groupe gouvernent pour l'intérêt commun. Ensuite il parle de politeia pour un mode ou un grand nombre gouverne pour le reste de la cité, tout en étant septique sur ce mode de gouvernance : [...] quand on s'adresse à une masse de gens, quand bien même ces gens gouvernent la cité, il n'est pas possible, ou il est très difficile de trouver en eux cette différenciation éthique, ce partage éthique, cette singularité éthique à partir de laquelle le dire-vrai sera possible et, dans ce dire-vrai, l'intérêt de la cité reconnu. (Le Courage de la vérité, "Leçon du 8 février 1984, page 49). Les conclusions d'Aristote sont proches de celles de Platon : la démocratie n'existe pas dans la réalité. 

Le principe de base de la démocratie aristotélicienne ce n'est pas seulement le pouvoir du plus grand nombre, mais l'alternance. La question qui se pose, et qui était celle de Michel Foucault au début de ce parcours, est de savoir qui peut remplir cette fonction de gouvernant, qui peut être parrésiaste , Etant donné ce principe de la rotation et de l'alternance gouvernés/gouvernants, comment la différenciation éthique peut-elle prendre place ? (idem. page 50)

Un autre problème se pose. Athènes avait pour règle l'ostracisme qui consistait à exiler les êtres exceptionnels. Leur trop grande qualité, déclassait les autres hommes. Imaginez un tableau où seul un détail est parfait ? Le peintre choisit alors de gommer ce détail pour l'équilibre du tableau. Pour Aristote la règle de l'ostracisme pose problème car elle prive la cité d'hommes supérieurs. Là encore Aristote propose l'alternance qui permettrait aux hommes d'utiliser les plus forts comme modèle pour un temps et de s'inspirer de leur vertu.

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